L’Afrique francophone et l’Université d’Ottawa : un partenariat prometteur

Publié le lundi 25 novembre 2019

 

Du 6 au 8 novembre 2019, l’Université d’Ottawa a rassemblé sur son campus une délégation de 13 universités de renom d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale pour discuter de partenariats potentiels entre nos institutions. Cet événement, mis de l’avant par la Gestion des effectifs étudiants sous le leadership de Messieurs Alain Malette, directeur principal, gestion des effectifs étudiants et Oumar Ibrahima Toure, conseiller stratégique Afrique subsaharienne s’est avérée une belle vitrine sur nos réalités respectives et une rampe de lancement vers des partenariats prometteurs.

Jérémie Séror, directeur de l’ILOB et doyen associé de la Faculté des arts, était présent pour représenter l’ILOB lors des rencontres. Voici ses réflexions :

Pourriez-vous nous donner le contexte derrière cet évènement ?

Depuis quelques années maintenant, l’Université, dans le cadre de sa mission de promouvoir le bilinguisme et la francophonie, s'intéresse aux liens qui peuvent être bâtis avec le continent africain. Il y avait eu déjà quelques années des missions qui avaient été menées par M. Frémont, le recteur de l’Université, M. David Graham, l’ancien provost, et M. Oumar Toure, Conseiller stratégique – Afrique subsaharienne, entre autres, pour aller sur le terrain afin d'ouvrir des liens avec ces universités. L'Université désire collaborer avec ce continent qui est en pleine effervescence et faire connaître les possibilités qui existent à l’Université d’Ottawa, y compris l’exploration du bi/plurilinguisme qui est une réalité de tous les jours en Afrique et qui fait écho avec la situation qu’on vit ici.

Quelles sont des valeurs qui semblent être partagées entre ces établissements et l’ILOB ?

Ces universités ont chacune un contexte très différent, mais elles ont aussi des valeurs et une langue qui sont communes, dont le français. Donc, je pense qu’il y a un intérêt pour l’enseignement des langues auprès des étudiants ou des profs universitaires francophones ou francodominants dans le but d’atteindre un niveau de bilinguisme en apprenant l’anglais, qui est clairement une langue importante au plan global. Il y a aussi un intérêt pour la recherche et les meilleures pratiques qui pourraient découler d’une collaboration étroite par rapport aux meilleures pratiques, comme par exemple pour la gouvernance des universités et les services qui peuvent être offerts au sein d’une université.

Qu’est-ce que l’ILOB a à offrir dans le cadre d’un partenariat ?

Je pense qu’il y avait beaucoup d’intérêt pour le type de travail que l’on fait à l’ILOB du fait qu’on réunit plusieurs domaines d’expertise tels que l’enseignement, la recherche, l’évaluation des langues et les politiques linguistiques sous un même toit. Donc, cela permet de réunir des experts ayant des expériences différentes. En effet, il est intéressant de rencontrer des experts qui partagent les mêmes intérêts, afin de les mettre en contact, à travers nos réseaux, avec d'autres chercheurs qui peuvent avoir une expertise spécifique qui les concerne, que ce soit des enseignants, des chercheurs ou de jeunes universitaires.

En quoi un partenariat avec l’une des universités africaines ayant été présentes à la rencontre pourrait être bénéfique pour l’ILOB ?  

Je pense que même si on se pose les mêmes questions, on a tous des éléments de réponse différents. On a aussi des expertises différentes, donc il y aura des chercheurs et des expériences de vie de certains étudiants en Afrique qui vont ajouter quelque chose que nous n’avons peut-être pas par rapport à une perspective, une expérience ou une capacité.  

    

Quelle importance a le marché de l’Afrique francophone pour l’Université d’Ottawa ?

C’est un bassin de francophones très important parce que c’est le continent où il va y avoir le plus de jeunes francophones au monde. Donc, pour l’Université d’Ottawa, qui connaît une situation minoritaire au niveau de la francophonie en Ontario, la possibilité d’établir de très bons liens avec l’Afrique et de potentiellement de travailler avec une génération d’étudiants qui vont enrichir la francophonie de l’Université d’Ottawa est absolument en lien avec les priorités stratégiques de l’Université.

 

Pourriez-vous nous parler de la collaboration interne qui a particulièrement marqué cette initiative?

On le dit souvent, les universités ont la caractéristique malheureuse de souvent travailler en silos. Chacun fait son truc, et on est un peu obligé de se concentrer sur sa propre tâche, mais cela fait qu’on se retrouve un peu isolé. Par contre, lors de cet évènement, on avait l’impression que tout le campus s’était mobilisé pour assurer un bel accueil. Du coup, il y a aussi eu beaucoup de présentations, de conversations et d’évènements qui réunissaient tous ces grands joueurs et qui permettaient à chacun de savoir ce que les autres faisaient ainsi que d’avoir des conversations sur comment on pourrait travailler ensemble pour répondre aux besoins qui pourraient y avoir de la part de nos partenaires potentiels.

 

Pour conclure, auriez-vous d’autres impressions à partager? 

C’était intéressant de voir la grande diversité de ce continent. Toutes les situations sont différentes et toutes les histoires des pays étaient différentes. Mais, en même temps, on voyait qu’ils avaient tous les mêmes missions. Il y a une reconnaissance de l’opportunité que représente l’arrivée d’un grand bassin de jeunes et le rôle qu’ils pourront permettre à l’Afrique de jouer dans un monde où le plus souvent la situation démographique est à l’inverse. Mais, on ressentait aussi que l’accueil de ces jeunes n’est pas sans présenter des défis. On ressent donc un grand désir de s’assurer qu’il n’y aura pas de rendez-vous manqué avec cette génération qui arrive en travaillant pour créer les systèmes éducatifs nécessaires pour répondre aux besoins de cette jeunesse.C’est très excitant de savoir que nous pourrions aider à jouer un rôle dans la réalisation de cette grande mission.

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