Les langues secondes et la science : des atomes crochus !

Publié le mardi 16 juin 2020

Valerie Binder

Le jour de la collation des grades 2020, Valerie Binder a brièvement pris congé d’un emploi d’été qu’elle adore : l’entretien des sentiers, des voies de portage et des campings rustiques dans le parc provincial du Lac-Supérieur. À l’heure où ont eu lieu les cérémonies de collation des grades, Valerie était dans le Nord près de son lac favori et se balancera dans son hamac sous les grands pins, tout en envisageant l’avenir avec confiance grâce à son baccalauréat spécialisé avec majeure en français langue seconde et mineure en biologie – un alliage qui sort de l’ordinaire, mais qui promet ! Voici les réflexions instructives d’une diplômée en français langue seconde.

Pourquoi avez-vous choisi l’Université d’Ottawa?
J’ai choisi cette université parce qu’elle m’offrait un contact avec le français sur le campus et hors campus. J’étais attirée par les cours et la petite taille des groupes du programme de français et par le bilinguisme sur le campus et dans la ville d’Ottawa, sans oublier la proximité du Québec, province francophone où je pouvais m’immerger dans la langue.

Comment l’Université d’Ottawa vous a-t-elle préparée au prochain chapitre de votre vie?
L’Université d’Ottawa m’a donné l’occasion d’apprendre de nouvelles choses dans mon domaine et sur moi-même. En plus de développer mon esprit critique et ma capacité à travailler plus intelligemment (et non pas plus fort), j’ai appris à sortir de ma zone de confort. Cela m’a amenée à nouer de nouvelles amitiés dans toutes les facettes de ma vie universitaire : au sein de divers clubs, comme le Club de plein air de l’université grâce auquel j’ai pu me ressourcer dans la nature et rencontrer des gens partageant mes intérêts; dans mon travail au sein de l’équipe Vie en résidence, où j’ai rencontré mes amis proches et développé ma capacité à faire preuve de compassion envers les autres et moi-même; et dans la collectivité, où le bénévolat et le militantisme m’ont aidée à prendre conscience de ce qui se passait en dehors du campus et à faire entendre ma voix en solidarité avec les autres. Ce sont des expériences dont je me souviendrai toute ma vie.

Qu’est-ce que l’apprentissage d’une langue seconde a changé pour vous (sur le plan personnel et scolaire)? 
L’apprentissage du français a été extrêmement positif pour moi. Sur le plan scolaire, l’apprentissage du français a fait que j’ai vraiment apprécié mon programme d’études (français langue seconde), puisque j’adore les langues et que je m’intéresse en particulier à cette langue et à sa culture. Comme j’aimais réellement apprendre le français, j’ai toujours eu beaucoup de facilité et de plaisir à me rendre en classe, à échanger avec mes professeurs et à travailler sur des projets. Le soutien des professeurs et de mes collègues du programme m’a aidée à surmonter mon insécurité linguistique et à parler une nouvelle langue avec confiance. Le français m’offre aussi une autre perspective culturelle sur le monde. L’anglais est en fait une langue seconde pour moi, puisque ma langue maternelle est le tchèque. Maintenant que je parle aussi le français, j’ai l’impression de pouvoir créer des liens avec une foule d’autres personnes.

Que retenez-vous de votre passage à l’Université d’Ottawa?
Le principal enseignement que j’ai tiré de mes études à l’Université d’Ottawa, c’est qu’il est plus important de s’adapter et d’être capable de faire face au changement que d’établir un plan parfait. Même si j’aime avoir un plan général, j’ai constaté que j’étais nettement meilleure quand j’étais spontanée et que je saisissais les occasions au vol sans m’imposer de contraintes.

Qu’espérez-vous pour l’avenir?
J’envisage d’enseigner le français, la biologie et les cours d’éducation en plein air au secondaire, de préférence dans le Nord de l’Ontario. Mais d’abord, je suivrai en septembre le programme Rekreologie – pedagogika volného času (les loisirs et l’étude des temps libres) à l’Université d’Olomouc, en République tchèque. J’ai l’intention de participer à un échange en Norvège où j’étudierai la friluftsliv (l’éducation et la vie en plein air selon la philosophie norvégienne) pendant un trimestre. En fait, peu importe ce que je choisirai de faire dans la vie, tout ce que je veux c’est être heureuse.

Y a-t-il des conseils que vous aimeriez donner aux étudiants qui commencent leurs études ou même à l’ancienne Valerie?
Il est facile de se laisser gagner par l’atmosphère de compétition qui règne dans le milieu universitaire et de laisser cette culture brouiller notre perception de notre croissance personnelle et de nos résultats scolaires. Un de mes professeurs d’études autochtones disait qu’au lieu de viser la première place, on devrait simplement se concentrer sur son bien-être. Cela m’a appris deux choses. D’abord, il n’y a rien de mal à suivre un programme d’études qu’on aime et qui nous rend heureux, en vue d’une vie tranquille et prospère – au contraire, on y a tout intérêt. Et puis il faut toujours tenir compte de ses émotions lorsqu’on prend une décision. La plupart du temps, notre instinct a raison.

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