Un parcours sur trois continents : la quête de bilinguisme d’une diplômée de l’ILOB

Publié le jeudi 26 novembre 2020

Yiran Ding

Yiran Ding a obtenu sa maîtrise ès arts en études du bilinguisme de l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB) en 2020. Elle est née et a grandi en Chine, et sa langue maternelle est le mandarin. En apprenant l’anglais à l’école, elle s’est vite aperçue que la connaissance d’une autre langue ouvrait la porte à de nouveaux mots, bien sûr, mais aussi à une nouvelle culture et à une façon différente de voir les choses. C’est ainsi qu’elle a commencé à s’intéresser à l’apprentissage des langues.

Cultivant son amour des langues, Yiran a appris le français dans le cadre de sa majeure à l’Université des sciences et technologies de Huazhong, en Chine. Pour s’immerger davantage dans la langue et la culture françaises, elle a passé un trimestre à l’Université de Strasbourg, en France, dans le cadre d’un échange pendant son programme de premier cycle. Elle avait alors découvert sa passion.

Choisir un programme de maîtrise : la M.A. en études du bilinguisme  

Le statut unique d’établissement bilingue de l’Université d’Ottawa a attiré l’attention de Yiran, qui s’est tournée plus particulièrement vers le programme de maîtrise en études du bilinguisme. Ce programme bilingue se concentre sur des questions cruciales dans le domaine de la linguistique appliquée, dont les innovations méthodologiques et technologiques en enseignement des langues secondes, l’évaluation linguistique ainsi que la planification et les politiques linguistiques. C’était le programme qu’il lui fallait!

Voir le monde autrement

Il était évident pour Yiran que sa capacité à communiquer dans d’autres langues lui permettait d’élargir sa compréhension du monde et de nouer de nouvelles relations significatives. Elle s’est aussi rendu compte qu’il est plus facile de faire des recherches universitaires dans des domaines liés à la linguistique lorsqu’on connaît plus d’une langue. D’une part, elle pouvait trouver plus d’articles sur un sujet donné qui offraient un plus large éventail de perspectives, et d’autre part, le milieu bilingue a changé sa façon de penser et de résoudre les problèmes. Par exemple, Yiran a observé que les universitaires chinois ont tendance à exprimer leurs idées de manière implicite, tandis que les auteurs anglophones et francophones présentent leur point de vue de manière plus explicite.  

S’adapter à un nouveau pays

À son arrivée au Canada, Yiran se sentait seule et n’était pas habituée à la nourriture, aux coutumes ni aux conditions climatiques locales. Elle s’est progressivement adaptée au rythme de vie, qui est beaucoup plus lent qu’en Chine. Elle a appris à cuisiner et à assembler des meubles toute seule, sans compter qu’elle a réussi à profiter de l’hiver! Elle a même aimé la poutine dès qu’elle y a goûté!

Son intégration à l’Université d’Ottawa s’est plutôt bien passée. Yiran a participé à des séances organisées par le Bureau international, qui lui a fourni de nombreuses informations utiles sur la vie universitaire. Elle garde un souvenir impérissable de la rencontre du temps des fêtes de l’an dernier, au pavillon Hamelin. Quelques membres du corps professoral et de la communauté étudiante en études du bilinguisme ont partagé un repas festif autour de discussions enlevantes. Yiran a alors ressenti un fort sentiment d’appartenance à sa nouvelle communauté tissée serrée. « Lorsque je repense à ces moments-là, je les trouve riches de sens et inestimables », dit-elle.  

Études supérieures et COVID-19 : relever les défis avec courage

Les études supérieures ont présenté leur lot de difficultés pour Yiran. D’abord, elle a dû s’adapter au format des séminaires, car lorsqu’elle étudiait au premier cycle, la plupart de ses cours étaient de type magistral, et elle écoutait plus qu’elle participait.

« Au début, j’étais plutôt nerveuse lorsque je participais à des séminaires, car je n’avais pas l’habitude de donner mon avis en public. Je voudrais exprimer ma gratitude à tous mes professeurs qui m’ont encouragée à communiquer mes idées et mes expériences lors des séminaires », dit-elle.

En raison de la pandémie, elle a dû terminer son mémoire de maîtrise de son domicile à Ottawa et s’acclimater au travail à distance. De plus, la quarantaine a eu des effets négatifs sur sa santé mentale. Elle avait du mal à se concentrer sur son travail quand elle était stressée, alors elle quittait sa chambre et allait faire du jogging ou du yoga pour se changer les idées. « J’ai remarqué que le fait de lire sur la pandémie dans les médias sociaux m’angoissait et me décourageait. J’ai donc choisi de me concentrer sur ma vie réelle plutôt que sur les nouvelles d’Internet », explique-t-elle. La professeure Marie-Josée Hamel lui a toujours apporté un grand soutien pendant cette période difficile.

Et la prochaine étape?

Yiran se prépare à passer un test pour obtenir un certificat d’enseignement en Chine et souhaite devenir professeure de langues étrangères dans son pays. Plus tard, elle espère faire un doctorat en didactique des langues à l’Université d’Ottawa. Son incroyable parcours se poursuit!  

 

 

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