Portrait d’une diplômée de l’automne 2020 : tout à fait à sa place

Publié le jeudi 26 novembre 2020

Rebecca Kingston

Elle s’appelle Rebecca Kingston. Elle a obtenu sa maîtrise ès arts en études du bilinguisme de l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB) en 2020, et elle est tout à fait à sa place!

Le bilinguisme comme patrimoine

Originaire du Nouveau-Brunswick, Rebecca vient d’une famille bilingue; ses grands-parents maternels sont des francophones parlant couramment les deux langues. Ce bagage est précieux pour sa famille. Pour le préserver, les parents de Rebecca les ont inscrits, elle et ses frères et sœurs, en immersion française à l’école primaire. Son désir de poursuivre ses études dans cette langue s’est maintenu à l’université, où elle a obtenu un baccalauréat avec spécialisation en français et majeure en histoire.

La capacité de communiquer dans les deux langues a enrichi sa vie personnelle et professionnelle, tout en rehaussant sa sensibilité et son appréciation culturelles. En choisissant de poursuivre ses études en français, elle a renforcé une compétence qu’elle développait depuis des années en plus d’élargir son cercle social. Son bilinguisme constitue également un atout sur le marché du travail. « J’aimerais travailler dans l’administration publique, où le bilinguisme est un énorme avantage aux niveaux provincial et fédéral. Le bilinguisme fait partie intégrante de la personne que je suis, et je suis vraiment reconnaissante des possibilités qu’il m’a offertes », dit-elle.

Surmonter le doute de soi

Rebecca souhaitait poursuivre ses études dans les deux langues et avait toujours démontré une curiosité par rapport aux politiques linguistiques et à la pédagogie connexe. La maîtrise en études du bilinguisme de l’ILOB collait parfaitement à ses objectifs d’apprentissage.

Au début, l’idée de se joindre à une cohorte d’étudiantes et d’étudiants chevronnés l’intimidait. Elle parle de sa lutte contre le syndrome de l’imposteur, en particulier au premier trimestre de son programme de maîtrise, craignant une insuffisance et doutant de ses compétences et capacités. La plupart de ses camarades de classe avaient déjà quelques années d’expérience de travail ou avaient fait une année supplémentaire d’études de premier cycle avant de commencer leurs études supérieures. Elle était l’une des plus jeunes et des moins expérimentées de sa cohorte. C’était intimidant pour elle d’entendre les contributions de ses camarades de classe basées sur des expériences qu’elle n’avait pas vécues.

Elle s’est donc concentrée sur son travail et a embrassé la diversité des points de vue apportés par ses camarades de classe aux origines variées. C’est ce qui l’a aidée à surmonter ses inquiétudes et l’a encouragée à participer pleinement à son programme. Ses professeurs et ses pairs se sont montrés ouverts à la discussion sur une variété de sujets, en classe comme à l’extérieur, et lui posaient parfois des questions sur la vie dans une province bilingue. « Ma cohorte était suffisamment petite pour que nous nous connaissions assez pour avoir des discussions informelles, raconte-t-elle, ce qui m’a aidée à prendre confiance. » Heureusement, elle faisait partie d’une super cohorte et elle a finalement découvert qu’elle était en bonne compagnie, car bien d’autres se sentaient comme elle.

Pourtant, surmonter ses appréhensions aura été un processus lent, qui l’a amenée à googler « comment se débarrasser du syndrome de l’imposteur » à maintes reprises. Elle a commencé à se sentir mieux à partir du moment où ses notes et les commentaires de ses professeurs lui ont confirmé qu’elle était sur la bonne voie. Elle s’est dit qu’elle était tout à fait sa place aux études supérieures. « Après tout, j’avais été admise au programme moi aussi! », conclut-elle.

Faire sa marque

L’acceptation de sa communication sur l’apprentissage des langues secondes et multiples et la construction identitaire via les médias sociaux au Colloque international sur la didactique des langues secondes 2020 est l’une des réalisations dont Rebecca est la plus fière. Malheureusement, le colloque a été annulé en raison de la pandémie de COVID-19, mais cette annulation n’amoindrit nullement son sentiment d’accomplissement. Elle espère ne jamais cesser d’apprendre, soit par la formation continue, soit tout simplement selon ce qui se présente. Elle aspire un jour à contribuer aux politiques relatives au français au Nouveau-Brunswick. « Les politiques linguistiques changent en permanence pour s’adapter au climat social et politique, et j’aimerais faire partie de ce processus », confie-t-elle.

Un avenir prometteur

Rebecca est maintenant agente de projet au Secrétariat du Conseil de la fédération, à Ottawa. Son passage à l’Université d’Ottawa aura été à la fois formateur et éclairant. Tout en vivant sa passion, et grâce à son travail acharné et à sa détermination, elle a également pris confiance en elle. Il ne fait aucun doute que Rebecca contribuera de façon remarquable à l’avancement du bilinguisme au Canada.

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