Sortir du peloton: la résilience d’une nouvelle diplômée

Publié le mardi 15 juin 2021

Cette célèbre phrase de Laurent Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme » a pris tout son sens pour moi il y a de cela environ quatre ans.

Le matin du 9 août 2017, mon bonheur était total. J’accompagnais un groupe de clients en vélo de route sur la promenade des Glaciers entre Banff et Jasper, une des plus belles promenades panoramiques du monde. Un travail de rêve! J’étais en effet conseillère en voyages de vélo et de ski et j’avais la chance d’accompagner les clients et clientes. Que demander de plus lorsque notre bureau se retrouve entre deux montagnes?

Un bonheur doux et serein tourné en tourbillon déchirant

En outre, j’avais été promue directrice du département de voyages de ski, en plus d’avoir le plus merveilleux des conjoints qui m’accompagnait dans toutes mes aventures et avec qui je venais d’acheter notre première maison. J’avais le vent dans les voiles. Cette brise, alors si douce, a non seulement arrêté de souffler en cette journée du 9 août 2017, mais elle s’est transformée en véritable tornade.

« En quelques secondes, j’avais subi un traumatisme crânien et – je ne le savais pas encore – ma vie venait de basculer. »

En bordure de la route, quinze interminables minutes se sont écoulées avant que mes yeux ne s’ouvrent à nouveau sur la lumière. Je venais de chuter à vélo. En quelques secondes, j’avais subi un traumatisme crânien et – je ne le savais pas encore – ma vie venait de basculer.

Après huit longs mois de convalescence, j’ai finalement pu réintégrer mon emploi, mais mon retour fut malheureusement de très courte durée. Le bruit, la lumière et le stress de travailler plus vite et mieux pour revenir à mon rythme d’avant ont rapidement eu raison de moi. Je me suis mise à faire une quantité incroyable d’erreurs d’inattention, à avoir des nausées et des migraines, puis à être incapable de terminer mes journées. J’ai donc dû prendre la décision difficile de mettre fin à cette partie de ma vie.

Réinventer son existence et retrouver un nouveau cap

J’ai alors puisé dans mes autres passions afin de trouver un nouveau sens à mon existence. Finalement, ce sont mes 22 ans d’enseignement à des groupes, ainsi que les portes ouvertes de l’Université d’Ottawa où j’ai appris l’existence du programme d’enseignement des langues secondes, qui m’ont ouvert les yeux sur l’avenir! J’avais de nouveau un objectif dans la mire : devenir enseignante de français pour faire rayonner la langue de Molière en Ontario! Rassemblant tout mon courage, je suis entrée à l’Université d’Ottawa en septembre 2019, où j’ai rapidement réalisé que mes troubles cognitifs ne s’étaient pas volatilisés simplement parce que j’avais quitté mon emploi. Après mon premier mois d’études universitaires et l’obtention d’un D à l’un de mes examens, force a été de constater que je ne retenais absolument rien de mes cours. J’avais l’impression de n’être plus bonne à rien, que ma vie était finie.

Puis, avec l’aide de spécialistes, de thérapeutes et des mesures d’accommodement de l’Université d’Ottawa, j’ai réussi à réorganiser du tout au tout ma façon de travailler afin de mieux stimuler ma mémoire. Bien que j’aie consacré toute mon énergie à l’obtention de mon diplôme, je n’aurais pas eu ce succès sans l’appui et l’aide précieuse de mes professeurs. Leur dévouement a décidément fait toute la différence dans mon expérience universitaire et mon cœur n’a jamais été aussi débordant de fierté que lorsque j’ai terminé mon baccalauréat avec majeure en didactique des langues secondes et mineure en littérature française. Cette majeure est offerte en collaboration avec la Faculté d’éducation. Et quelle surprise lorsque j’ai appris, quelques semaines avant la collation des grades, que la Faculté des arts m’avait décerné le prix d’excellence! Il n’y aurait pas eu une meilleure façon de boucler la boucle!  

Ainsi, à l’image d’une chenille qui se transforme en papillon, je comprends maintenant pleinement que rien ne se perd et rien ne se crée, mais que tout se transforme!

Même si je dois admettre n’avoir jamais rien accompli d’aussi difficile, je me dirige à présent fièrement vers le baccalauréat en enseignement avec la ferme intention de continuer un jour aux études supérieures. Ainsi, à l’image d’une chenille qui se transforme en papillon, je comprends maintenant pleinement que rien ne se perd et rien ne se crée, mais que tout se transforme!

La Faculté des arts de l’Université d’Ottawa décerne tous les ans les Prix d'excellence afin de souligner le passage d’étudiantes et étudiants qui se sont démarqués par leurs notes élevées, leur implication sociale et leur persévérance. 

Le programme en enseignement des langues secondes ouvre les portes sur le monde de l’enseignement et l’apprentissage des langues secondes. Découvrez-le!

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